Alain Berenboom, « Monsieur Optimiste » (24/09/13)

et « La Fortune Gutmeyer » (13/03/15), Genèse Edition

 

 

Monsieur Optimiste :

A la mort de ses parents, le narrateur décide de trier, non sans réticence, les papiers de famille empilés depuis des lustres dans une armoire. Il redoute ce travail fastidieux, tant il est persuadé que son père, un petit pharmacien de quartier, a eu une vie « sans histoires ». Au fil de ses lectures, se dessine le portrait d’un Don Quichotte original et aventureux qui, sous couvert de patronymes différents, a vécu plusieurs vies avec l’indéfectible optimisme des vrais héros.
Le petit pharmacien a quitté son shtetl en Pologne est venu en Belgique à la fin des années vingt pour étudier la pharmacie. Comme il ne parle pas français, il trouve le job idéal auprès d’un prestidigitateur à la recherche d’un «étranger» prêt à monter sur scène à chaque représentation pour confirmer au public que la femme à couper en deux est bien dans son écrin. C’est ainsi que commence une vraie vie de magicien qui va lui permettre de surmonter les épreuves qui se succèdent, l’entrée en guerre, le voyage de noces avec sa jeune épouse, la belle Rebecca, à Boulogne-sur-Mer sous les bombardements, une amitié imprudente avec un Allemand qui se révèle espion du IIIe Reich. Il lui faut déployer beaucoup d’imagination pour éviter l’arrestation par les nazis mais aussi par la Sûreté de l’État, à l’affût de ses amitiés communistes.
Mauvais juif mais lecteur assidu de la Bible, mauvais Polonais qui résiste aux appels au retour de sa mère dont les lettres lui racontent mois après mois une vision idyllique de son village, tenté d’immigrer en Israël, défenseur forcené de son pays d’accueil : voilà quelques-unes des facettes contradictoires de Monsieur Optimiste.
À travers ce récit, tantôt burlesque, tantôt poignant et nostalgique, inspiré de la vie du père de l’auteur, c’est l’histoire du XXe siècle qui se dessine en filigranes mais c’est surtout, pour l’auteur, une façon de tendre la main à ses origines et de cerner sa propre identité. Comment deux immigrés de l’Est ont fabriqué un Belge de souche…

La Fortune Gutmeyer

Irène de Terrenoir, une élégante parisienne, se présente un jour au bureau de Michel Van Loo avec une étrange énigme : son père, le docteur Gutmeyer, un éminent médecin de Prague, a péri dans le camp de Terezin pendant la Seconde Guerre mondiale. Elle en est sûre. Pourtant, un jour de 1953, un certain Gutmeyer se présente aux banquiers suisses et se fait remettre la fortune que le médecin avait déposée sur un compte ouvert avant-guerre. Est-ce le père qui serait encore en vie ? S’agit-il d’un escroc ? Et si oui, qui a connu Gutmeyer au point de tromper des banquiers ? Irène est-elle finalement sa fille ? Chargé de démêler cet imbroglio, Michel Van Loo est entraîné dans un voyage périlleux en Israël. Il trouvera une aide précieuse auprès de sa fiancée Anne et de son ami, Hubert le pharmacien.Avec plus de douze romans à son actif, Alain Berenboom est devenu une grande figure de la littérature belge de langue française. En 2013, il a reçu le prestigieux prix Rossel pour son roman Monsieur Optimiste. Cinéphile impénitent autant que lecteur passionné et éclectique, Alain Berenboom est aussi chroniqueur au journal Le Soir. “Berenboom règle ses comptes à l’humanité. C’est un tir nourri comme à la foire, (il) casse la baraque. C’est Tom Sharpe en visite chez les humanistes. On en sort plié en deux et vaguement inquiet sur la nature humaine”, a écrit D. de Saint-Vincent dans Le Quotidien de Paris.

 

 




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