Laurent Seksik (Auteur), Fabrice Le Henanff  (Dessins)

« Modigliani : Prince de la bohème », Casterman, 8 octobre 2014

 

 

Montparnasse, 1917. Les artistes vivent dans l’insouciance du lendemain. Le prince de cette bohème, Amedeo Modigliani, rêve de changer le monde à coup de pinceaux.
Mais le goût de l’opium et de l’absinthe, la passion pour les femmes, la folie de l’époque sont autant d’obstacles qu’il devra surmonter.
Une évocation frémissante et sensible du peintre Amedeo Modigliani, mort dans la misère au seuil de la gloire, à l’orée du XXe siècle.
Paris, 1917. Dans le misérable logis sous les toits partagé avec sa jeune compagne Jeanne, et qui lui sert d’atelier, Amedeo Modigliani rongé par la tuberculose vitupère contre le monde entier. En dépit de ses efforts, personne ou presque n’a encore reconnu le génie de sa peinture, alors que ses comparses Picasso, Soutine ou Matisse flirtent déjà avec la consécration. Il faut dire que le personnage est difficile, pour ne pas dire impossible. Emporté, inconstant, volage, arrogant et de mauvaise foi, Modigliani rebute la plupart de ceux qu’il rencontre, pour ne rien dire des excès de drogue et de boisson qui le rendent infréquentable. Pour la famille de Jeanne, ce personnage superlatif est décidément insaisissable : trop incompréhensible, trop incontrôlable, trop habité, trop italien, trop juif. Et même son mécène et marchand Zlobowski, pourtant éperdu d’admiration pour son talent doit subir sans brancher les sarcasmes et les colères dantesques de ce possédé pour qui peindre est un combat une obsession douloureuse. En quelques séquences qui sont autant de fragments d’une vie d’artiste hanté, Laurent Seksik dresse un portrait bouleversant de la dernière période de la vie tragique de Modigliani. Alors que la guerre prend fin, le succès semble à portée de main, enfin, mais la mort aussi est au rendez-vous. La gloire sera posthume. Une évocation biographique poignante que le romancier, déjà auteur chez Casterman de la version bande dessinée des Derniers jours de Stefan Zweig, a également tiré de sa propre pièce de théâtre Modi, cette fois avec le concours inspiré du dessinateur Fabrice Le Hénanff.

 

 




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