Gaël Horellou feat Abraham Burton, “Legacy”

Breakz, 11 février 2014

 

 

https://myspace.com/gaelhorellou

http://www.abrahamburtonjazz.com/

Gaël Horellou (saxophone alto), Abraham Burton (saxophone ténor), Etienne Deconfin (piano), Viktor Nyberg (contrebasse), Antoine Paganotti (batterie)

Interview par Bob Garcia le 14 février 2014

-       Comment avez-vous composé le répertoire de cet album ?

-       On travaillait déjà avec le quartette depuis un bon moment sur une partie du répertoire du disque, et en fait j’avais envie depuis très longtemps de connecter avec Abraham Burton qui est pour moi un saxophoniste vraiment hors du commun, paradoxalement pas tellement connu en France, mais qui est une autorité absolument unanime du côté de New York et aux US. […] Quand on parle d’héritage, justement, il a appris avec Jacky McLean, qui était lui-même au contact de Charly Parker. Donc là on est dans une lignée vraiment très directe avec cette musique dans son côté le plus hallucinant. Comment ça a pu exister, émerger, avec des musiciens à ce niveau, avec une telle intensité, un tel foisonnement ? C’est juste incroyable.

-       Comment l’avez-vous abordé ?

-       Abraham Burton, je connaissais ses disques depuis très longtemps. Je connaissais son parcours… Une fois il est venu à Paris et il avait joué en duo avec le pianiste Lucian Ban au Centre Culturel Roumain il y a quelques années… J’étais allé écouter ce concert et j’avais donc rencontré Abraham, lui disant que j’adorais ce qu’il faisait. Et j’avais mon saxo sur moi, donc j’avais carrément sorti le saxe dans la loge et j’avais commencé à joué. On a échangé des histoires de saxophonistes et après on a gardé le contact. Je suis retourné le voir à New York, puis à Paris. […] Et comme le contact passait bien, je pensais que ça serait vraiment intéressant de monter un projet avec lui. Et donc on avait déjà un répertoire bien avancé avec le groupe, un son. Et je pensais que c’était le bon moment pour faire ça.

-       Il a adhéré tout de suite ?

-       Oui, c’est sûr qu’on aime les mêmes choses, un jazz assez « rooted », ancré dans les racines, et assez ouvert… Une musique qui est basée sur le son, sur l’interactivité, sur une espèce de générosité à partager le son.

-       On a l’impression d’écouter des standards qu’on a toujours connus. Comment avez-vous fait pour écrire, notamment le morceau d’ouverture ?

-       Ce morceau s’appelle Clifford Jordan. Mon inspiration, je la tire soit de lieux, soit de gens. Et là, c’est un morceau qui m’est venu à une période où j’écoutais beaucoup Clifford Jordan, notamment un album qui s’appelle Glass Bead Games, avec Cedar Walton, Sam Jones, Billy Higgins… Un album vraiment magique. Et j’écoutais beaucoup cet album et aussi d’autres choses de Clifford Jordan. Et j’ai eu envie de composer quelque chose dans cet esprit-là. Il y a une particularité du morceau, c’est qu’il est à l’unisson : les saxophones, la basse et le piano au début. C’est une manière d’orchestrer et d’arranger qui n’apparaît pas tout de suite dans l’histoire du jazz, qui arrive plutôt au début des années 60. […] et dans l’album Glass Bead Games, il y a plusieurs thèmes à l’unisson, et c’est dans cet esprit que j’ai composé ce morceau.

©Bob Garcia

 

 




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