Jacques Schwarz-Bart, « Jazz racine Haïti »

Motema, 11 février 2014

 

 

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Jacques Schwarz-Bart (saxo ténor), Erol Josué (vocal), Rozna Zila (vocal), Stephanie Mc Cay (vocal), Etienne Charles (trompette), Alex Tassel (bugle), Milan Milanovic (piano), Gregory Privat (piano), Ben Williams (basse), Regie Washington (basse), Obed Calvaire (batterie), Arnaud Dolmen (batterie), Gaston « Bonga », Jean-Baptiste (percussions), Claude Saturne (percussions)

Jacques Schwarz-Bart, interview du 12 février 2014 à JazzActu.tv par Bob Garcia

-      Comment est né cet album ?

-      Il est né d’abord du fait que j’ai reçu cette musique vaudou de part ma mère, à la naissance, dans cet état premier de réception du monde et des émotions. Et ensuite, au fur et à mesure de mes recherches personnelles sur les différentes musiques, j’ai développé ma connaissance de la musique vaudou, puisque maintenant depuis deux décennies je suis à New York et que c’est la troisième capitale d’Haïti, et plus j’avançais dans mes recherches, plus je voyais des parallèles, parfois indirectes parfois directes avec le jazz. Et en fouillant un peu plus profondément, j’ai vu qu’il avait une filiation puisque les créateurs du jazz, à la Nouvelle Orléans, étaient des gens qui venaient de cette culture vaudou. C’était des esclaves ou d’anciens esclaves des îles françaises, essentiellement d’Haïti. Donc j’ai commencé un travail de défrichage, de sélection, d’approfondissement de ma connaissance sur la base de ce que j’avais déjà reçu à la naissance, et j’ai rencontré un certain Gaston Jean-Baptiste dit « Bonga », qui est un prêtre vaudou, grand tambourier vaudou, et nous avons participé à de nombreux projets ensemble à New York. Et plus tard, j’ai rencontré une voix, un autre prêtre vaudou, Erol Josué, à New York également, et j’ai compris que j’avais des éléments clé pour commencer à faire un travail sérieux.

Mais en fait, ce n’est qu’après une visite à Essaouira, où j’ai joué avec un maalem gnawa, Hamid El Kasri, et que j’ai été invité à une lila, une cérémonie gnawi, que j’ai compris que j’avais été investi d’une charge mystique à travers le vaudou et que j’avais presque le devoir de créer une œuvre personnelle sur la base de ce legs, de ce don qui m’avait été légué à la naissance.

-      Et la musique elle-même. Comment avez-vous choisi les thèmes, comment est-ce que vous les avez réorganisés, réinventés, réécrits ?

-      Alors, j’ai d’abord sélectionné les thèmes sur différents critères. J’ai choisi certains thèmes parce que ce sont de véritables hymnes à la joie, tels que Bade Zile ; d’autres parce qu’ils ont des gammes intéressantes et des structures impaires qui les font sortir de l’ordinaire, tels que Kouzin. Et j’ai choisi d’autres thèmes parce qu’ils ont quelque chose de plus mystique, tel que Je vous aime Kongo. Donc j’ai voulu couvrir différentes couleurs qui sont pour moi essentielles lorsque j’écoute ce grand répertoire du chant vaudou, mais j’ai voulu aussi faire un travail d’écriture. Souvent je pars d’une composition originale, qui mène à un chant vaudou, comme dans le morceau Bade Zile. Ou, dans d’autres morceaux, je pars du chant vaudou pour aller à une composition originale, comme dans Vaudou Zepole, ou comme dans Je vous aime Kongo. Ou dans d’autres cas, j’arrange simplement un morceau vaudou, comme dans Kouzin ou dans Legba Nan Baye. Et j’ai aussi quatre originaux, qui eux sont des instrumentaux, mais s’inspirent, soit du type de gamme utilisé dans les chants vaudou tel que dans Sept Fe, soit simplement s’inspirent de l’esprit mystique de certains morceaux vaudou, c’est le cas de Blues Jonjon.

©Bob Garcia

 

 




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